Atelier de la Main Gauche

En résidence

Cette saison 2020/2021, l’atelier accueille deux artistes en résidence : Valentine de Chabaneix et Agnès Dorval, qui prolongent ainsi leur première saison de résidence 2019/2020 écourtée pour cause de Covid-19.

Valentine de Chabaneix

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Mon lieu de travail est un Plateau. Un espace naturel situé au bout d’une piste de terre. Un endroit isolé, de champs, de bois, de bosquets, de broussailles. Depuis vingt ans j’y élève un troupeau de vache. Elles sont les habitantes du lieu.

Le plateau surplombe des paysages et m’offre ses horizons, chaque jour les mêmes et chaque jour différents, selon la lumière, la saison, le temps. Les horizons-paysages du plateau de Lacamp sont devenus ma matière première. Il y a les figures majeures, leurs silhouettes se découpent et s’imposent : Le Pic de Nore, le Canigou, le Pic de Bugarach, la montagne d’Alaric, le mont Tauch et des premiers et arrières plans moins célèbres. Mais tous sont des promesses d’ailleurs.

J’ai déconstruis ces horizons, ils sont devenus des formes abstraites agencées comme les barreaux d’une échelle qui nous invite à aller voir de l’autre côté du mur.

Valentine de Chabaneix (Février 2020 – À propos de son travail « Horizons », gravures sur plaques d’acier)

Valentine de Chabaneix est née en 1973. Elle passe son enfance et son adolescence dans la ferme familiale. Interne au lycée de Carcassonne, elle poursuit des études de lettres modernes à Toulouse, ne les termine pas et part travailler à Paris. En 1997, elle revient dans le sud et passe son Brevet de Responsable d’Exploitation Agricole. En 2000, elle s’installe avec un troupeau de 25 vaches.

Au fil des années, elle mûrit la décision de donner du temps à une expression artistique et s’initie à la gravure en 2010.

Agnès Dorval

PIEDS ROSES

Née au Vénézuela il y a plus de soixante ans, j’ai voyagé et vécu en Amérique du Sud
pendant presque toute mon enfance. J’ai gardé de ces pérégrinations le goût de l’observation,
le plaisir de la rêverie. Tout au long de ma vie j’ai eu besoin d’un espace de liberté et
d’expérimentation. Très manuelle, j’ai été touche à tout, modelage, dessin, dessin animé,
calligraphie, atelier de clownerie, couture, … sont autant activités que j’ai abordées.
Après avoir passé mon diplôme de l’école national supérieure des Beaux Arts à Paris dans les
années 80, j’ai collaboré comme graphiste et réalisatrice à l’Institut National de l’Audiovisuel
(INA) m’appropriant les premiers systèmes de dessins animés assistés par ordinateur.
Fort de ce savoir faire, je suis devenue graphiste dans des studios de publicité.
J’ai trouvé ma voie professionnelle en rentrant dans des maisons d’édition et de presse
jeunesse, d’abord à Paris au sein des éditions Bayard, puis à Toulouse chez Milan Presse, où
je suis encore actuellement salariée.
J’ai découvert la gravure à Toulouse à l’atelier de la Main Gauche. C’est là que j’ai trouvé la
liberté et l’envie de créer des images. D’abord sous les yeux bienveillants de Bilitis et Nathalie
qui m’ont savamment et patiemment enseigné la technique en cours du soir, jusqu’à me
laisser carte blanche et me confier les clés de leur collectif. Grand honneur qui m’a fait mettre
encore plus à cœur à mon ouvrage.
Le travail ancien et traditionnel de la gravure ainsi que l’adaptation qu’il offre aux sujets
contemporains sont une source d’imaginaires infinis. Le défi technologique fait parti pour moi
de mon processus créatif. L’adaptation d’un motif sur une plaque de cuivre et sa
matérialisation souvent incertaine sur le papier est à chaque fois une nouvelle surprise qui
m’incite à de nouvelles possibilités et réalisations.
Les thématiques de mes images gravées sont fortement influencées par l’illustration jeunesse
inhérente à mon métier. Je trouve mon inspiration dans un rapport simple avec les choses/
objets du quotidien ou dans ma relation avec la nature, qui en fait toute la diversité : la forme
agile d’un corps, le déroulé d’une main en mouvement, la fulgurances d’un souvenir ou d’une
émotion, d’une lumière, d’une ombre, la prégnance d’un arbre ou d’une fleur, sont autant de
sources que je m’efforce d’esquisser avant de les fixer sur la plaque. Par le jeu de
superposition de plaques et l’effet de transparence des encres, je tente de créer de nouvelles
profondeurs et faire naitre ainsi une émotion.
Bien que déjà âgée, j’avance petit à petit avec beaucoup de candeur vers des voyages
sensitifs et intérieurs. Il n’est jamais trop tard pour découvrir son monde et l’imprimer.
Agnes Dorval